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Ce printemps, je suis allée pour la première fois de ma vie faire une randonnée dans les Adirondacks. Quoi ? Pour la première fois vous dites ? Tout d’abord, pour ma défense, je n’ai pas de voiture et je n’ai pas le profil type du randonneur, ce qui fait en sorte qu’on ne pense jamais à moi pour ce genre d’activité. J’aime bien marcher, la nature et les défis, mais l’occasion ne s’était donc jamais présentée. Trêve d’excuses, mon copain me propose quatre montagnes parmi lesquelles je devais choisir pour ma première grande rando. J’ai choisi le 16e sommet le plus élevé des Adirondacks : le mont Wright. Voici donc ce que j’avais comme données avant mon départ : il s’agit d’un sentier difficile d’une distance totale de 11,3 kilomètres qui devrait nous prendre 4 h 30 aller-retour.
Nous avons quitté Montréal à 7 h15, franchi les douanes sans problèmes et débuté notre ascension à 10 h 15 samedi matin alors qu’il y avait quelques gouttelettes qui tombaient du ciel. Je tiens à souligner que la pluie a cessé au tout début, par chance, car cette excursion n’était pas difficile, elle était très difficile. Et si au moment de gravir ce sentier rocailleux il avait fallu que le ciel pleure, ça aurait été une catastrophe. Ne vous méprenez pas, j’avais de bons souliers et un imperméable, mais le sentier était jonché de roches pour le ¾. Il aura fallu à de nombreuses reprises grimper sur de gros rochers inclinés à 75 % sans avoir quoi que ce soit pour se retenir, à part son copain, et l’effet pluie n’aurait fait qu’augmenter les possibilités de chutes déjà trop élevées. J’ai même trouvé que les bâtons de randonnée étaient devenus une nuisance et j’ai préféré les ranger pour pouvoir me servir de mes mains en tout temps.
À un certain moment, j’ai cru que nous ne pourrions jamais atteindre le sommet et j’avais juste le goût de tout abandonner. Finalement, après ce qui m’a paru comme de nombreuses heures, nous sommes arrivés au sommet pour casser la croûte et reprendre des forces. Aucun signe de la plaque de bronze mentionnée dans le livre pour rappeler l’écrasement d’un avion en 1962, juste du vent, des gens, mais très peu, et une vue magnifique.
La descente a été beaucoup plus rapide et beaucoup plus facile que je le croyais. Certains obstacles étaient moins menaçants qu’à l’ascension, malgré leur niveau de difficulté. J’ai relevé le défi sans trop de peine ni de misère et j’ai même le goût d’y retourner pour faire une autre montagne. La prochaine fois par contre, je n’oublierai pas mon chasse-moustique. Deux semaines après l’événement, j’en garde encore des souvenirs…. mais contre toute attente, on aura fait de moi une adepte de la randonnée !
- Marie-France