18 août 2010IndonésiA : Accouchement thaï

En clin d’œil à ma chère amie Marie-Ève qui vient d’accoucher de Camille, j’ai aussi accouché il y a deux jours. Du moins, la douleur que j’ai dû supporter durant les 60 minutes de massage Thaïlandais était sûrement équivalente à celle qu’elle a endurée de 4h du matin jusqu’à 20h, moment où son poupon s’est présenté. Je le jure !

Samedi nous avons profité d’une journée entière en vélo de montagne dans la jungle entourant la province de Chiang Mai en Thaïlande. Downhill et cross-country sur 35km dans des sentiers éprouvés par la saison des pluies qui sévit actuellement. Départ à 1600 mètres d’altitude pour arriver à 300m. Simplement WOW !! Janick a terminé la descente vêtue d’un maillot devenu brun-terre tout en recrachant quelques dents tandis que pour ma part, je n’ai passé par-dessus ma monture qu’une seule fois en descente pour finir dans le fossé 8 pieds plus bas, dominé par mon vélo.

IndonésiA : Accouchement thaï

Bref, après que les taches brunes sur les jambes de Janick aient finalement tournées au bleu le soir venu, c’était le moment idéal pour envisager un bon massage dont la réputation lui vaut sa populaire appellation « Thaï Massage ». Et tant qu’à faire, on va bien faire ! Nous hésitions entre la prison pour femmes qui offre des massages Thaïlandais comme programme de réhabilitation à ses détenues ou une maison pour aveugles qui leur permet de mettre à profit la grande valeur de leur sens du touché qui compense pour leur cécité. Cette dernière l’à emporté question de donner une chance aux nombreuses ecchymoses de Janick de passer tranquillement au jaune…

C’est donc le lendemain du vélo extrême que j’ai vécu les plus atroces douleurs de ma vie, et Dieu sait que je ne suis pas fait en mousse de caleçon. Mon masseur aveugle (confirmé après que je l’ais fait chercher mon bras durant 4-5 secondes pour vérifier sa vision…) et unilingue m’a fait comprendre de me coucher sur le dos. Il étira son outils de travail; la pointe de son coude droit. Oui son sens du touché était parfait, il savait parfaitement où se trouvait chaque muscle de mes jambes. Je pouvais revoir, tout en mordant l’oreiller en silence, l’intégralité de mon volume de Physionomie humaine. La page 457, celle des muscles du mollet, fût le plus difficile à lire les yeux plein d’eau…

Les deux clientes Thaïlandaises de chaque côté de moi avaient l’air de souffrir autant, je ne me suis donc pas plain plus qu’il en fallait croyant la chose normale. De toute façon la barrière linguistique limitait les communications avec mon masseur. Vous vous souvenez du film « L’apprenti Ninja (1990)» où Monsieur Miaggy, sur un mannequin, enseignait à son élève Daniel San les points faibles du corps pour mettre un adversaire au sol d’un seul coup? Eh bien, j’étais ce stupide mannequin. Une manœuvre m’a fait me redresser le dos droit en signe de soumission et j’ai pu apercevoir le bras de Daniel San qui portait des tatous de têtes de mort et d’épées mortelles… J’étais cuit! Il appliquait tout son poids sur chaque centimètre de mes muscles, toujours aux endroits où normalement ça provoquerait une réplique par réflexe de mon poing ou autre moyen de défense… Mais le pauvre n’aurait pas pu le voir venir. Or, par compassion, je me contentais de me tortiller sur mon lit pendant qu’il discutait avec ses collègues autour. Je me demande bien ce qu’ils pouvaient bien se dire d’ailleurs; « Oh là, je crois que je viens de mériter un gros nounours fragile les gars, écoutez- le bien réagir avec ce que je m’apprête à lui faire… ». Après différentes contorsions et manœuvres avec mon corps rendu comme une guenille, il a terminé en rotant très fort (le pauvre, je le prenais juste après le dîner, comprenez-le…) et en me serrant dans ses bras avant de m’embrasser le dessus du coco encore plutôt chauve. Un chic type.

IndonésiA : Accouchement thaï

Une belle expérience que je ne suis pas prêt de refaire; je suis sorti les larmes aux yeux avec la seule envie de me cacher la face contre le dos de ma compagne pour étouffer un énorme cri de douleur et de pleurer comme un bébé. J’ai pris au moins 30 minutes avant de pouvoir marcher normalement, le mollet avait tellement eu peur qu’il s’était contracté au maximum. Alors pour la bonne cause, je repasserai la prochaine fois, et je suis heureux de ne pas m’être rendu chez les femmes à gros bras de la prison locale…

Demain nous rentrons dans un temple Bouddhiste en retraite de méditation pour 5 jours. Espérons que cette expérience sera aussi douce qu’elle semble l’être, moi qui croyais qu’un massage sonnait avec détente et relaxation…

IndonésiA : Accouchement thaï

-Guillaume

Voici les autres volets de la série IndonésiA

Le Premier acte

5 dodos avant le grand départ

Où suis-je ? Qui suis-je ?

Minggu Permalat

Minggu ke dua

Mardi matin

Journée cinéma

Des plans... c'est fait pour être changés !

Bouffe

Bulés

Une bonne étoile !

Koh Phi Phi

Accouchement thaï