30 juillet 2010IndonésiA : Bulés

IndonésiA : Bulés

Un blanc dans le marché

Plus de 2 mois se sont écoulés depuis que nous avons quitté notre mère patrie. C’est lorsque l’on ne se sent plus touriste mais local (bon mise à part la langue) que l’on réalise que l’on s’est adapté… un peu. Un peu, car nous resterons toujours étranger à ces terres asiatiques. Nous, occidentaux, humains blancs, «bulés» ne pouvons rêver d’anonymat ici. Nous nous sentons plutôt comme de vraies Rock Star. C’est dans ce genre d’endroit que l’on peut s’imaginer ce à quoi ressemble la vie sous les feux de la rampe et sous les «flashs» des nombreux paparazzis.

Vous manquez de confiance en vous et avez besoin de reconnaissance? J’ai la solution! Achetez-vous un billet pour l’Indonésie, île de Java, et venez passer des heures à prendre les poses au grand plaisir des Indonésiens. (Avertissement : Vous n’aurez pas cette chance sur Bali, qui, très touristique, compte trop de blancs pour ce plaisir, malheureusement). Non mais sérieusement, il aurait fallu nous prévenir! Je me serais arrangée pour avoir une coupe de cheveux plus à la mode! Les livres de voyage ne nous mettent pas en garde. Alors aventuriers, soyez avertis, laissez de côté vos chapeaux aux propriétés techniques et n’oubliez pas d’avoir à porter de main votre peigne afin de retoucher régulièrement votre «brushing»!

IndonésiA : Bulés

Mise en scène typique où les indonésiens nous abordent pour la photo

Avez-vous quelques difficultés à imaginer la scène? En fait, ce n’est pas à Yogyakarta, lieu de notre ancien port d’attache, où nous ressentons le plus fortement cette «euphorie». Même si cette ville est relativement petite (700 000 habitants), il y en a d’autres des comme nous, des «bulés». Ils ont donc l’habitude de peaux blanches. Bien qu’ils nous sourient tous chaleureusement au passage, tournent assurément la tête vers nous et parfois même nous klaxonnent, il n’en reste pas moins qu’ils ne nous prennent pas en photo. C’est plutôt chaque journée, escapade que nous avons osé entreprendre à l’extérieur de ce territoire métropolitain familier. Les indonésiens touristes, qui sont eux-mêmes en sortie, nous dévisagent continuellement. Plusieurs utilisent leurs cellulaires pour prendre des photos et vidéos de nous et ce, bien sûr, sans nous le demander. (De toute façon la grande majorité indonésienne ici ne parle pas anglais). Lorsque nous marchons, si nous osons lever les yeux sur les gens qui nous entourent, c’est une photo assurée! (En fait, la photo est assurée même si nous ne levons pas les yeux c’est juste que nous en sommes témoins). Parfois les plus téméraires nous approchent en nous appelant «mister» pour nous demander une photo. Car ici, nous sommes tous des «mister». Cela est, semble-t-il, le seul mot anglais qu’ils connaissent.

IndonésiA : Bulés

Papi et fiston

Pourquoi cette euphorie? Cela nous semble effectivement bien étrange. Après une petite enquête hautement scientifique menée auprès de nos amis «bulés» immigrants et indonésiens, voici quelques opinions recueillies ici pour vous :

- Parce que les publicités de tous genres, (vêtements, esthétisme,…) choisissent fréquemment des modèles blancs ou métis.
- Parce que les Indonésiens aiment la forme de nez des blancs. (Étrange je sais… elle ne vient pas de moi)
- Parce que les blancs représentent un mode de vie qu’ils envient, celui qui vient de la télévision… plus de liberté, plus d’argent, plus de confort. Les «bulés» font parti d’un autre monde.
- Parce que les indonésiens n’auront pas la «chance» d’en voir souvent dans leur vie des peaux blanches... Parfois qu’un seul blanc! Alors mieux vaut en avoir la preuve!

IndonésiA : Bulés

Guillaume, qui aimait beaucoup la vie de star, a également craqué. Ça devient extrêmement agressant et gênant cette situation quotidienne. Donc, après de longues réflexions et discussions, (pour éviter d’exploser inutilement) nous avons décidé de commencer à cotiser pour la prise de photo… et ça fonctionne! 1000 Rupiah... 10 ₵! Cela ne semble malgré tout pas calmer les ardeurs des paparazzis en herbes… et plutôt que de se fâcher de la situation, nous amassons des sous que nous redistribuons aux mendiants. Ben quoi, à chacun son combat!

Voici les autres volets de la série IndonésiA

Le Premier acte

5 dodos avant le grand départ

Où suis-je ? Qui suis-je ?

Minggu Permalat

Minggu ke dua

Mardi matin

Journée cinéma

Des plans... c'est fait pour être changés !

Bouffe

Bulés

Une bonne étoile !

Koh Phi Phi

Accouchement thaï

1 Commentaire
  1. Par Papi et mamie, août 6, 2010 à 12:29 pm

    Bravo, les jeunes. Vous avez la meilleure façon de connaitre le mode d’aventure réelle que vous vous souviendrez toute votre vie. Nous vous admirons et apprécions votre blogue très intéressant.

    Bonne continuitée,

    Papi et mamie

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