Depuis les dernières années, je me rapprochais de ce qui ressemble aux cercles de fermières, vous savez les regroupements de grands-mères qui cuisinent et échangent entre elles des recettes de bonne bouffe. En fait, j’avais banni toute bouffe rapide ou prête à manger, sauces en enveloppe, etc… une sorte de lutte au glutamate monosodique! En tant qu’étudiant (statut que j’avais jusqu’en avril dernier) je m’étais vite rendu compte que la vie est moins dispendieuse en cuisinant soit même avec des aliments de base.
Depuis mon arrivée ici en Indonésie, tout cela est sur la glace. Quand on change de pays, on change certainement de mode de vie, surtout lorsqu’on décide de vivre chez l’habitant, aux manières locales. Voici mes constatations suite à cette expérience:
• Cuisiner soi-même un repas à la maison nécessite un budget plus élevé ! Les repas ici coûtent environ 1$ à 2$ et celui à 2$, c’est le plat du bas de la page du menu, celui le plus… spécial. Or, c’est le restaurant matin, midi et soir avec un menu qui ne change que très rarement. (Bali - moyenne des repas : 3,50$)
• À la locale on mange plus souvent sur le bord de la rue, dans des warong (Portion de trottoir abritée par une toile bleue où un individu a décidé d’y aménager un comptoir alimentaire). Un warong sur deux met à la disposition de sa clientèle de longues tables et des bancs pour manger mais les autres proposent qu’un tapis de paille sur le béton et des tables basses pour y manger assis sur le sol.
• Ce même type de warong est aussi mobile, très nombreux sont les revendeurs de plats locaux avec leur petite cantine sur deux roues. Chacun a son propre son de cloche (en tapant sur un bol avec une cuillère) pour annoncer son passage dans la rue, mais tous vendent la même chose. On l’arrête, on commande, on s’assoit devant lui sur le bord de la rue pour manger et on lui redonne notre bol vide ou notre feuille de banane et il repart ! Alors pourquoi se casser la tête à cuisiner ? Ce n’est pas pour rien que les cuisines sont vides d’instruments dans les maisons et que tout le monde s’improvise restaurateur.
Offre = Demande
• En Indonésie pas de baguettes svp, et ce, à notre grande surprise! On se servira plutôt de nos mains, de préférence la droite car la gauche sert au nettoyage du no.2 au dessus de la toilette turque. Sinon on utilise qu’une fourchette et une cuillère mais jamais de couteau question de conserver l’aspect pelleté de nourriture dans la bouche. Manger avec ses mains est une habitude qui frappe lorsqu’on s’attarde sur la salubrité de ce pays mais ils mettent à la disposition des plats d’eau avec de la lime pour se laver les mains.
• Ils cuisinent sur des petits ronds au gaz propane. Les grillades de poulet et de poisson seront faites sur cette même flamme (!?) ou sur un mini BBQ au charbon qui a la grosseur d’une boîte à chaussures. À deux reprises nous avons vraiment douté de ce qui était dans notre assiette (entrailles d’animal inconnu) et nous avons appris récemment que sur l’île de Java, on y mange souvent du chien sans le savoir… Heu… Wouf?
• Les menus locaux sont simples, riz frit, nouilles frites, poulet, bœuf ou poisson, frit, grillé ou en petite brochette, une mince sélection de légumes sautés, des œufs à la coq plus quelques autres spécialités difficiles à décrire. Tout se qui peut être frit l’est! Souvent, les plats seront cuisinés avec de petits piments fort, très très forts, qui poussent partout dans les jardins ici. Explication d’un ami du « pourquoi cuisiner si fort quand il fait si chaud? » : Quand on sortira de table on aura l’impression qu’il fait moins chaud à l’extérieur et le climat sera ainsi plus supportable. Pas fou finalement!
• Il y a toujours l’alternative émanant du modernisme, soit les restaurants comme on les connaît chez nous mais avec huit serveurs pour 6 tables. Janick et moi avons longtemps préféré fréquenter ces endroits car les prix sont affichés (donc fixes…), des photos accompagnent parfois les listes tout comme quelques descriptions, voir même en anglais. Plusieurs proposent un accès sans fil internet, jamais très rapide mais très pratique quand même. C’est un peu plus cher mais on parvient à manger un peu plus varié et on sait ce que l’on mange.
• Il ne faut pas se surprendre de recevoir deux plats avec une dizaine de minutes d’intervalle entre les deux. Ici, pas de réchaud alors on cuisine le plus facile et le plus rapide en premier et l’autre attendra! C’est pourquoi on reçoit presqu’à chaque fois notre bol de crème glacée avant le plat de nouilles frites au poulet. Quand on parle de culture différente…
• Restaurant ou warong, les portions sont aussi petites que les habitants de ce pays. Le climat et le mode de vie local à vite gagné sur moi, il fait chaud donc on n’a pas vraiment faim, on mange les petites portions et l’estomac s’atrophie. Je suis rendu à près de 15 livre de perdu et je fonds encore, mon linge est trop grand et je n’ai plus faim après deux bouchées de riz. À Bali, une portion pour touriste suffi à nous deux. Je ne pleure donc plus de désespoir à l’arrivée de mon assiette.
• Un incontournable de chaque repas sont les jus de fruits frais qui sont carrément notre découverte. On mange peu de légumes, de la nourriture très grasse et sommes plutôt inactifs mais au moins, on boit des fruits deux à trois fois par jour. Un mélange de fruits entiers, de glace et d’eau (embouteillée toujours) et de sucre de canne liquide. Très abordable, proposé partout, il y a même des marchants de jus frais qui se promènent sur la rue avec leur petit kiosque sur roues de vélo. J’ai donc troqué la bière pour les jus de fruits !
• Avant mon arrivée en Indonésie on me parlait d’un pays aux milles saveurs. Mais où sont-elles ? Je suis un peu déçu de voir les menus des dizaines de restaurants (Bali autant que Java) tous alignés sur une même rue qui offrent tous le même menu sans aucune diversité. Je les visite tous dans l’espoir d’y voir une nouveauté sur le menu mais jamais de surprises. J’ai hâte de revenir à Montréal pour manger des repas de qualité de partout à travers le monde et peut-être enfin, goûter l’Indonésie…
Avis aux voyageurs intéressés par l’Indonésie, ce n’est pas en allant qu’à Bali (nouvelle destination à la mode pour les Européens) que vous vivrez le pays. La majorité des faits mentionnés dans ce texte sont des observations des coutumes de Java, l’île la moins touristique, là où nous les blancs sommes des vedettes. Vivre un pays, c’est à la base, adapter nos besoins primaires au mode local. De là les dépaysements !
Voici les autres volets de la série IndonésiA
1 Commentaire
Par Jacob Guite-St-Pierre (Partenaire), July 26, 2010 à 10:42 pm
OMG ça tellement l’air bon! Je suis tellement jaloux là, j’ai trop hâte d’aller en Indonésie.