Ma toute première vision de la Thaïlande ne fût pas aussi paradisiaque que je l’avais figuré. Cette impression prit naissance sur une île du sud ouest, non loin de la Malaisie. Nous avions pris un transfert en direction de Koh Phi Phi. J’avais entendu parler de ce lieu par plusieurs autres voyageurs, ainsi que par notre bible, le Lonely Planet, qui nous l’indiquait comme un endroit incontournable. Cette île est une voisine du lieu de tournage du film «The Beach», avec Leonardo Di Caprio… du sable blanc, des eaux turquoises, des palmiers, des coraux,… Bien sûr à première vue cette image semblait parfaite.
À peine avais-je débarqué du traversier qu’une réalité plus décevante me frappait de plein fouet. Les nombreuses petites rues deviennent des allées interminables de boutiques souvenirs, d’hébergements, de cafés internet, de restaurants, d’agences pour réserver des tours de bateaux ou de plongée, des bars et les blancs y affluent abondamment. En fait il y a tellement de blancs que l’on n’arrive même pas à voir les thaïlandais. C’est un choc culturel inversé. Après avoir passé beaucoup de temps à chercher des endroits tranquilles et avoir été entouré d’asiatiques, nous voici parmi les blancs en Asie. À dire vrai, ce n’est pas vraiment ce que je recherche en voyage. Il m’est arrivé parfois lors de mes périples précédents de fuir les lieux touristiques et de ne chercher que la compagnie des locaux. Je préfère de loin baigner dans la culture locale et me sentir étrangère, plutôt que de me sentir locale à l’étranger.
Ceci dit, nous avons tout de même réussit à trouver un hébergement tenu par des thaïlandais, (chose plutôt rare) qui était en fait un mini bungalow de bamboo. Notre lit, un matelas de pailles directement sur le sol, était encerclé par un filet anti-moustiques; cela n’empêcha pas la chasse aux moustiques quotidienne avant d’éteindre la lumière pour ainsi diminuer nos risques de piqûres. La dernière nuit, Guillaume se livra à un combat sans merci avec deux coquerelles de 2 pouces de long. Par contre, une fois la lumière fermée, vers 1 heure du matin, il est impossible de penser pouvoir s’endormir rapidement. Le vacarme assourdissant de la plage, des nombreux bars et clubs vibrait au plus profond de mon être. Même avec des bouchons, les vibrations de la basse ne peuvent être évitées… Ce qui devient légèrement frustrant. En fait cette île paradisiaque est finalement un lieu de party où la grande majorité des voyageurs semblent avoir perdu la notion du mot respect. Lors de leur retour saoul au site la nuit (4h AM), nos charmants voisins allemands et italiens semblaient avoir oublié qu’ils n’étaient pas seuls et que peut-être d’autres dormaient. Le matin au réveil, le site, la plage et les rues ressemblent franchement à un lendemain de vieille…
Certes cette ambiance ne collait pas à mes attentes, mais une autre réalité me déplut particulièrement sur cette île. Après déjà quelques semaines en Asie, j’avais hâte d’échanger avec des thaïlandais, de tenter de percevoir des différences avec leurs voisins du sud. J’avais entendu parler de leurs sourires légendaires. Je dois dire que ces quelques rencontres me choquèrent légèrement. La plupart des Thaï à qui j’ai dû m’adresser, tous à propos de business, étaient plutôt froid et parfois même méprisants. J’avais l’impression de les déranger. Ces échanges m’amenèrent à me poser des questions sur l’impact du tourisme de masse. Ces locaux, qui peut-être habitaient ce paradis depuis des siècles, n’ont d’autre choix que de subir ces arrivages de blancs qui ne semblent rien respecter ici. Ils doivent vivre le jour de la marmotte ainsi que cette «vibe» composée de nouveaux visages chaque jour… sans arrêt. Cela me rappelle mon expérience de travail au Mexique, dans un hôtel il y a 6 ans, où j’en avais marre de cette routine après seulement 1 mois. Plusieurs mexicains y travaillaient des années durant faute d’option plus intéressante pour eux. Un ami mexicain m’avait d’ailleurs déjà dit : « Ne reste pas ici toi, pars, tu as la possibilité de faire plein d’autres choses, chanceuse!» Certains étaient conscients de leur position. Peut-être que la dynamique établie sur cette île serait un retour des choses. Ce non-respect, ils nous le rendent bien. Cette pensée m’amène toutefois une autre question de taille. Combien de temps reste-t-il à cette île avant la destruction complète de ses coraux, de ses plages jadis idéales, mais surtout, du peu de la culture Thaï?
Voici les autres volets de la série IndonésiA
2 Commentaires
Par Hotels in Thailand, février 19, 2011 à 4:34 am
C’est sûr que si on veut découvrir la Thaïlande et pas juste la “consommer”, voir la population, la culture thaïe, il vaut mieux éviter les grands noms du tourisme.
Moi, je dis toujours que la “vraie” Thaïlande, on la trouve en visitant le Nord du pays. Dans la Sud sauf à sortir des sentiers battus, on est entre touristes.
Par Biloute pas cuite, août 20, 2010 à 4:26 pm
De matures et pertinentes réflexions en effet… il est désolant d’en arriver à ce genre de constatations, qui plus est que ces lieux magiques recèlent encore pleins de mystères à découvrir et sûrement du beau monde à rencontrer mais que l’on décide de les fuire à cause du Tourisme. Ce Tourisme qui nuis au tourisme… ce Tourisme qui nuis aux habitants locaux… C’est preuve qu’il y a bien Tourisme et tourisme car lorsqu’en tant que touriste on ne se reconnait pas dans certaines pratiques touristiques, c’est qu’il doit y avoir différentes façons de voyager (si encore on peut appeler certaines pratiques du tourisme qualifié “de Masse” comme étant du voyage…).
Encore une fois, question de valeurs et d’objectifs… Il est bon mais difficile de se rendre compte de l’impacte de ces pratiques sur les Hommes et l’Environnement.
Bonne route à vous deux !