Ma montre Timex nous signale qu’il est temps de se lever. Guillaume remue à peine. L’air climatisé de notre chambre à coucher (la seule pièce de la maison munie de ce type d’appareil) roule à 25°C. Guillaume me communique qu’il a mal dormit car il a été réveillé dès 4h30 par la prière musulmane du village. (À Yogyakarta la voix des hauts parleurs nous chantent à raison de 5 fois par jour des paroles de prières que nous ne comprenons pas. Les indonésiens sont lève-tôt. La première prière, on s’en passerait!) Il poursuit en me racontant que le coq de la maison voisine s’est présenté pour nous chanter son hymne au matin vers 5h30, juste sous la fenêtre. Les yeux clos, un sourire en coin, il me murmure en fantasmant la mission qu’il rêve d’accomplir : « À la prochaine lune, nous empoignerons le coq avant de nous diriger avec ce dernier sous le bras vers les hauts parleurs de la Mosque du village…» Mon rire le réveille, il ouvre les yeux, en fait rêvait-il?!?
Je me lève, le laissant à ses plans diaboliques. Je me dirige vers notre salle de bain pour prendre un «mandi». Le «mandi» est un bassin dans lequel se trouve de l’eau froide que nous allons nous verser sur le corps à l’aide d’un petit seau de plastique pour nous laver. Le premier lancer est toujours difficile. Nos corps, qui sont souvent trop chaud dans ce climat humide-tropical, reçoivent drôlement ce choc agressif. Cela serait comparable au premier saut dans un lac au printemps, alors que certains amas de neige parsèment toujours les berges…

Notre salle de bain. Un «Mandi», soit la douche locale avec un seau d'eau pour s'en lancer sur le corps et une toilette des plus confortable...
Je me dirige ensuite vers la cuisine où je salue notre famille de Geikos au passage. Les Geikos sont de petits lézards qui vivent dans les maisons, on les trouve régulièrement sur les murs, sous les cadres ou dans les portes… (On en dénombre environ une quinzaine dans la baraque).
Guillaume mange déjà ses toasts quotidiennes en compagnie de nos collègues et colocataires françaises Roxanne et Maëva.
Guillaume et moi enfourchons notre scooter (connu maintenant sous le nom de Bécane!) en direction du travail. Ici, la conduite est inversée. Nous roulons donc à gauche. Lorsque l’on est au volant, ça se passe bien car on suit la circulation. Les seules fois où cela a pu nous causer soucis, c’est en tant que piéton. Lorsque nous tentons de traverser la rue et que notre réflexe premier est de regarder du mauvais côté…
Il ne faut pas oublier de mentionner qu’une autre adaptation importante a été de s’habituer à la conduite à l’indonésienne. Comment dire, la conduite chaotique serait plus précis. Des voitures surchargées, de la grosse boucane noire et puante qui sort des «mufflers», d’un code de la route rarement respecté… Il n’y a pas de stop ici, simplement quelques lumières… Nous avons d’ailleurs été témoin de plusieurs accidents de la route déjà!
Nous arrivons au bureau. Nous retirons nos «gougounes» avant d’entrer dans la maison. (Tradition javanaise exige, à l’intérieur on marche pied nu). Nous saluons nos collègues indonnésiennes et Dominic, notre patron et commençons le boulot. Guillaume et moi partageons le même bureau, le même ordinateur. Nos tâches (oui nous les partageons aussi) ressemblent étrangement à celles que j’exécutais jadis lorsque je travaillais pour une certaine boîte réceptive française à Laval. Nous répondons en direct à des clients français qui désirent séjourner sur l’Indonésie. C’est du travail de bureau, bien sûr, et nous aimons beaucoup le travail de bureau…, mais, au moins, cela nous permet de nous familiariser avec le pays.
Nous sortons manger à l’extérieur dans un petit resto. Nous reprenons alors le boulot en après-midi et avons droit à une autre prière musulmane dès 15h. L’indonésien, qui habite juste en face, décide qu’il joue de la guitare en fin d’après-midi assez fort pour nous laisser l’impression qu’il est dans la même pièce que nous. Un monsieur passe avec un pousse-pousse dans la rue. On le salue. Une dame à vélo file avec son kiosque mobile de crème glacée au son de la musique de boîte de jouet et d’une vache plaignante. Chaque jour, à la même heure.
Nous quittons le bureau à moto pour nous diriger vers le terrain de badminton situé non loin de notre cours arrière. C’est un petit gymnase de béton, au plancher de céramique luisante blanche qui ne comprend qu’un seul terrain. Le plafond est bas, les murs sont blancs. Nous avons appris lors de notre arrivée que le badminton est le sport national de l’Indonésie et que le dernier champion olympique était indonésien. Wow! Nous nous sommes donc procuré de superbes raquettes en carbone et graphite pour moins de 20$. Il fait très chaud lors de nos parties et nous pouvons tordre nos chandails. Parfois nous recevons la visite de locaux qui se joignent à nous. Une paysanne avec une grande jupe accompagnée d’une autre dame en pyjama combattent Guillaume et Romain en double d’une façon plutôt spectaculaire… (pour les gars, insultante… (message de Guillaume))
Nous allons souper dans un petit resto à quelques pas de chez nous. Nous regardons un match de soccer en direct d’Afrique du Sud. Nous passons le bonjour sur internet aux membres présents de notre famille ou nos amis, et leur souhaitons une bonne journée alors que nous nous apprêtons à aller nous coucher. 11 heures de décallage, la routine à l’envers de l’autre côté de la terre…
Voilà donc notre quotidien indonésien. Depuis 2 semaines déjà et pour une dernière semaine encore. Car le 5 juillet, nous partons pour notre premier tour de 21 jours… À suivre…
Voici les autres volets de la série IndonésiA
1 Commentaire
Par Christiane, juillet 6, 2010 à 10:30 pm
Le choc culturel! Rien de mieux pour se<>(à 40c surtout) à une autre culture. Jamais vous ne pourrez oublier ça!
Vive l’aventure avec ses hauts et ses bas…
Au plaisir de lire la suite. De tout coeur avec vous chaque jour,
Christiane (maman) xx