01 octobre 2009Montréal, une ville pour le « street-fishing »

Aujourd'hui, nous avons un blogueur invité, Cyril de Comme un poisson dans l'eau qui nous introduit à la pêche de rue.

MONTRÉAL, UNE VILLE POUR LE « STREET-FISHING »

Pêche à MontréalLa « pêche de rue » existe depuis longtemps sous son sens propre, mais là je vous propose une nouvelle vision de la pêche, plus récente, plus jeune, particulièrement pratiquée dans lesgrandes villes de France, du Japon et des États-Unis. Oubliez ce que vous connaissez des clichés de la pêche où l’on s’asseyait toute la journée au bord de l’eau, la boîte de vers de terre posée à côté, scrutant l’eau dans l’attente du poisson qui généralement finissait dans l’assiette. Je précise tout de suite qu’il n’est pas question de juger mais bien d’apporter une nouvelle vision de la pêche avec sa propre éthique, ses propres règles et sa propre attitude.Montréal, une ville pour le  « street fishing »

La « pêche de rue », c’est un concept neuf qui allie une discipline du plein air à l’esprit urbain, comme le skate, le grafiti, le BMX… Ce qui caractérise un « street-fisher », c’est le fait de pratiquer une pêche dynamique, courir les spots et exploiter les structures urbaines. Pour y arriver, ce nouveau pêcheur devra avoir un matériel léger, un sac à dos et une tenue agréable lui permettant de passer les barrières, monter sur les structures, courir ou encore sauter.

Prochaine station : La Pêche

Prochaine station : La Pêche

Une tenue confortable est de mise car le « street-fisher » peut parcourir de longues distances pour atteindre ses spots à pied, en vélo, en metro ou encore en bus. Ce pêcheur urbain recherche le poisson pour un combat, une confrontation, un partenaire de jeux et non un aliment. C’est pour cela que l’on pratique la graçiation encore appelé « no-kill » ou « catch’n release ». Quand je discute pêche, au moment où je dis que je remets mon poisson à l’eau, les gens écarquillent les yeux comme s’ils venaient de voir un fou, ce qui n’est pas totalement faux. Et généralement, la remarque qui suit est « mais pourquoi tu pêches ?». Je pêche pour le simple plaisir de pécher et non pour faire mes courses. En effet, à la base, la pêche est la recherche d’une ressource pour combler des besoins alimentaires, mais avec le « street-fishing », elle s’élève au rang de pratique sportive que l’on peut étendre à la pêche en générale. Et croyez moi, quand vous devez sortir de gros achigans qui se battent comme des diables, la partie n’est pas forcément gagnée. Ce diable vert, comme certains l’appel, vous donnera des sueurs froides et une bonne montée d’adrénaline, avec des sauts dans tous les sens. Je recherche particulièrement ce poisson pour les combats impressionnants qu’il offre, c’est tellement plaisant à sortir qu’il mérite de retourner a son environnement.

un exemple de boîte du moment qui varie d’une sortie à l’autre

un exemple de boîte du moment qui varie d’une sortie à l’autre

Du point de vue du matériel, le « street-fishing », c’est la pêche aux leurres artificiels. Plusieurs raisons à cela, d’abord nous pouvons faire de très belles pêches avec seulement quelques leurres qui rentrent dans une boîte, donc un gain d’espace dans le sac à dos. Une autre raison est qu’en pêchant au leurre, le poisson est souvent piqué peu profondément dans la gueule et a d’excellentes chances de survie lors de la remise à l’eau (voir « la minute scientifique » sur Comme un poisson dans l’eau ). Personnellement je fais une sélection en poisson nageur et leurres souples avant de partir à la pêche, qui variera en fonction du poisson recherché, du lieu de pêche ou de la technique utilisée. Bien sure j’ai toujours des leurres que je préfère et qui m’accompagne partout.

Petit poisson, GROS POISSON

Petit poisson, GROS POISSON

Du côté des cannes, moulinets et fils, j’utilise du matériel me permettant d’exploiter au mieux les leurres que j’utilise. Ainsi, j’ai des ensembles me permettant de pécher avec des leurres surdimensionnés (plusieurs onces), comme du matériel pour des pêches très fines et légères. De manière générale, l’idée est d’être sélectif dans son matériel et de faire un choix qui nous semble adapté à notre style de pêche, avec le temps, on y arrive très bien. Vous ne pourrez jamais emmener tout votre stock sur une bicyclette et de toute façon c’est inutile. Je ne rentre pas dans les détails car il existe de nombreux poissons pouvant êtres péchés sur des méthodes différentes, qui nécessitent un matériel différent, et le tout, dépend des goûts de chacun, « vous me suivez !». Pour le restant du matériel, j’ai toujours un couteau, une pince car certains poissons ont de sacrées dents que vos doigts ne veulent pas rencontrer, des ciseaux, un coupe-ongle, un mètre, des lunettes polarisantes, une bouteille d’eau et une lampe de poche. Pour les longues sessions, prévoyez de quoi vous ressourcez avec de quoi manger. Côté vestimentaire, ça va de votre tenue de travail, quand c’est la pause bien sure, à une tenue adaptée d’une part aux conditions climatiques et d’autre part à votre goût. Il faut trouver un juste milieu, car lorsque vous passez de l’extérieur où il fait moins de dix degrés et que vous montez dans le metro a l’heure de pointe, la température ne va pas être la même. Encore une fois, il vous faudra trouver ce qui vous convient personnellement car nous ne sommes pas tous pareils. La seule constance que j’ai sur le plan vestimentaire, c’est mon coupe-vent, qui me sert aussi en cas de pluies, il est respirant et prend peu de place.

Montréal, une ville pour le  « street fishing »Les pêcheurs Montréalais sont particulièrement chanceux en ce qui a trait aux espèces de poissons et à la quantité de spots exploitables, le tout en « street-fishing ». Pour ma part je pêche les achigans a grande-bouche et à petite-bouche, le brochet et le maskinongé. Ces espèces m’intéressent surtout pour le combat qu’elles offrent. On retrouve aussi d’autres espèces intéressantes comme le doré jaune et le doré noir, des poissons à l’allure préhistorique comme le poisson castor et le lépisosté, la marigane, la perchaude, les crapets de roche et soleil. Quelques personnes ont eu la chance de prendre des truites monstres et des saumons provenant certainement des grands lacs, mais je n’ai pas encore eu la chance de vérifier, peut être en aurez-vous la possibilité. Pour les spots, ma préférence va au fleuve Saint Laurent qui regorge de très gros poissons, mais il y a aussi la rivière des Prairies, la Mille-Îles, le canal de Lachine et quelques lacs plus ou moins légaux. Volontairement je ne citerai pas de lieu précis car les plaisirs de la pêche, c’est aussi la découverte et l’aventure a porté de chacun.

Les grandes cités urbaines, comme Montréal, possèdent une excellente densité de poisson en terme de qualité et de quantité. Certes, une ville reste un environnement pollué, mais le poisson est bien là. Montréal, une ville pour le  « street fishing »La conscientisation aux problèmes environnementaux entraîne l’amélioration de la qualité de l’eau et rends les eaux citadines de plus en plus propices à la vie, ce qui est une excellente chose mais cela reste encore fragile. D’autre part, je crois fortement que le prélèvement raisonnable participe au maintien d’une bonne qualité de pêche, c’est pourquoi je pratique la graciation à travers le « street-fishing ». Pratiquer la pêche urbaine est une activité qui vous vide l’esprit de tout le stress accumulé, un plaisir simple qui vous permet de concilier une activité de plein air à cette mer de béton. C’est une activité que l’on pourra pratiquer à tout âge, seul ou en « gang ». Le « Street-fishing » ne manquera pas de sensibiliser les plus jeunes aux curiosités du monde aquatique. En bref, la pêche urbaine est une aventure pour tous, à vivre absolument. Sur ce, rendez-vous au bord de l’eau, bonne pêche.

attrapé

Cyril
Comme un poisson dans l’eau

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11 Commentaires
  1. Juan Altitude

    Par Juan Altitude (Employé), October 6, 2009 à 10:22 am

    En tout cas, à voir les photos, ils ont l’air de s’amuser!

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    • Adrian HANGUEHARD (SpyDeR)

      Par Adrian HANGUEHARD (SpyDeR), October 6, 2009 à 11:49 am

      Attention !!

      Street Fishing = No Kill, manger les poissons n’a donc plus rien à voir avec ce sport !! Si vous voulez en mangez, vous en trouverez suffisament dans les super-marchés ;)

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  2. François Perreault

    Par François Perreault, October 5, 2009 à 3:28 pm

    On peut manger le poisson du fleuve sans problème. Par contre, selon l’espèce, la taille et le lieu où on pêche, il y a des poissons que je ne recommande pas nécessairement. Pour ma part, je ne me risquerais jamais à manger un poisson provenant du canal Lachine! Le fleuve St-Laurent quand à lui, malgré la grande quantité de polluants qui sont déversés par les villes, est relativement propre parce qu’il a un débit d’eau énorme. Les polluants sont donc dilués dans une masse d’eau immense et, au final, les poissons sont en assez bon état.

    Il faut aussi penser que les polluants s’accumulent avec le temps et dans la chaîne alimentaire. Donc, si on attrape un très gros brochet, un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, il est sûrement vieux et à eu le temps d’accumuler une grande quantité de polluants dans sa chair.

    Un site pour voir les recommandations du gouvernement sur la consommation de poissons.
    http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/guide/mode_emploi.htm

    Et également, pour comparer, les recommandation du fleuve, au rapide de Lachine par exemple, et dans les Laurentides, au lac Tremblant.

    http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/guide/resultat.asp?site=0000a0031&methode=c

    http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/guide/resultat.asp?site=040020019&methode=c

    Une note sur ces données, elle ne considère que le mercure, mais ça donne une idée.

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    • Max Altitude

      Par Max Altitude (Employé), October 6, 2009 à 1:42 pm

      Merci pour les précisions François!

      Adrian: c’est bon que tu le précises… parce qu’il y a des gourmands parmi nous ;-)

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      • Juan Altitude

        Par Juan Altitude (Employé), October 6, 2009 à 6:25 pm

        Heye Max, je n’arrive plus à trouver mon sandwich au poulet. Est-ce que tu l’aurais vu par hasard ?

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        • Max Altitude

          Par Max Altitude (Employé), October 7, 2009 à 4:23 pm

          Je suis assis dessus depuis hier… il est juste à point.

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          • Juan Altitude

            Par Juan Altitude (Employé), October 8, 2009 à 12:51 pm

            Hmmmm, bien faisandé, c’est exactement comme ça que j’aime mon poulet


  3. Max Altitude

    Par Max Altitude (Employé), October 2, 2009 à 3:39 pm

    Wow! Vraiment très cool comme sport. Est-ce les poissons sont mangeables? Ça fait longtemps que je ne me suis pas informé sur la qualité des eaux du fleuve St-Laurent…

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  4. Adrian HANGUEHARD (SpyDeR)

    Par Adrian HANGUEHARD (SpyDeR), October 2, 2009 à 2:54 pm

    Salut,
    Ta news décrit parfaitement le Street Fishing ! J’ajouterai que le Street Fishing est surtout un état d’ésprit.

    En tout cas je li de plus en plus de sujets concernant le Street Fishing sur divers sites Canadien et je trouve ca génial que cette tendance s’étend dans plusieurs pays, surtout que le votre est une mine d’or vu la diversité et la quantité d’espèces de poissons carnassiers.

    J’espère sincèrement pouvoir venir pêcher un jour dans votre pays ;)

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