Je dois admettre que je ne savais pas à quoi m'attendre en sortant du canot à Chisasibi. J'ai été agréablement surpris de me retrouver dans une belle petite ville, propre et prospère. Les 2000 habitants Cris de Chisasibi forment une ville beaucoup plus grande que Radisson. Les employés d’Hydro-Québec qui habitent à Radisson font 120 km de chemin de terre pour y acheter des fournitures à la quincaillerie locale. Cette petite ville ne resemble aucunement à la réserve que j'ai vu près de Montréal. Ici, il n'y a que de belles maisons (pas préfabriquées, comme à Radisson) et les rues sont propres.
J’ai appris très vite que ce n'est pas un village ordinaire. J'ai découvert qu’ici, la vie est complètement différente de celle que l’on trouve dans les villages urbanisés les plus proches de Montréal. J’ai été surpris d’apprendre que 98% des gens communiquent en cris. Certains ne parlent qu’un peu d'anglais (la principale langue seconde).
Tout est écrit dans le langage des Cris incluant les panneaux de signalisation et les noms des magasins. Evidemment ce n'est pas pour les rares touristes qui, parfois, font le long voyage dans le Nord.
Devant chaque maison ce trouvait un camion assez neuf, un VTT et une motoneige. En arrière, se trouvait un grand tipi faisant deux étages de haut. Les tipis m’ont surpris le plus. Je croyais qu'ils étaient purement symboliques, construits pour leur valeur culturelle. Pas du tout ! Ils sont très utiles. Les habitants m'ont expliqué que les tipis servent de "cuisines en plein air" où ils préparent la viande de caribou et le poisson. Une autre chose que j'ai découvert c'est que toutes les familles de la ville ont une deuxième maison, ou plutôt une cabane, quelque part dans la nature, où ils chassent, pêchent, et font du piégeage. Ces activités, entrepris avec de l’équipement moderne, semblent être une partie importante de la vie de chacun. Toutes mes discussion à Chisasibi avaient rapport avec soit la chasse soit la pêche.
Au bord de la rive se trouvait une flotte de grands canots motorisés. Il semblait y en avoir un pour chaque personne du village. Étant maintenant réuni avec ma voiture, je suis retourné à LG1 et je l’ai traversée. J’ai continué pendant 50 km sur une route non-pavée jusqu’à la péninsule de Longue-Pointe. C’est officiellement là où la route prend fin (je suppose que c’était le but de mon voyage). Là, j'ai nagé dans la Baie James car elle fait techniquement partie de l'océan Arctique et je voulait pouvoir me vanter. Inutile de dire que l'eau était glaciale. En fait, dehors il ne faisait que 8 degrés.
Là où la route prend fin – 1ère partie: Introduction
Là où la route prend fin – 2e partie : La route
Là où la route prend fin – 3e partie 1/2 : La rivière
Là où la route prend fin – 3e partie 2/2 : La rivière
Haha, ta baignade me fait penser à mon habitude de me tremper les pieds dans des eaux exotiques, juste pour me vanter. Je suis évidemment moins téméraire que toi. Dans mon palmarès : Ganges, Mer Arabe et Baie du Bengal.