04 juin 2010Là où la route prend fin – 3e partie 2/2 : La rivière

Heureusement, ma tente, la nourriture et mes vêtements de rechange sont restés secs dans mon Seal-Line Pro robuste. Même mes pieds submergés sont restés secs grâce à mes vielles et fidèles bottes en Gore-Tex... pendant environ 5 minutes ...

C’est au tout début de notre voyage, lorsqu’il faisait 10 degrés, qu’en sortant du canot pour le vider, l’imperméabilité de mes vieilles bottes a finalement décidé de céder. Sur les deux bottes. Aussitôt trempés. Le Gore-tex, bien sûr, est resté intact et imperméable, mais l'eau glacée a pénétré dans les fisssures de mes semelles. Ceci a marqué la fin de pieds secs pour le restant du voyage. J’ai pris la résolution de ne jamais repartir en excursion sans scellant pour les chaussures.

Là où la route prend fin – 3e partie 2/2 : La rivière

Taiga: Même sur la rive, où la forêt est plus épaisse, les arbres ne sont pas larges et ils sont assez épars que vous pouvez facilement portager un canot.

Vers deux heures, nous avons fait face à une pluie froide et un vent frontal sévère (la rivière coule vers l'Ouest). Les deux sont restés avec nous pour le restant du voyage. La température a chuté et n'a plus jamais dépassé 12 degrés. Dans l'ensemble, les conditions étaient assez malheureuses, mais je ne m’attendais pas à Virginia Beach (qui serait plus proche). J’étais parti pour le Nord et je devais l’affronter. Dans ces conditions, rien ne sèche. J’ai pris des soins supplémentaires afin de tout garder protégé de la pluie et de la rivière. J'ai coincé les manches de mon imperméable dans mes gants faits de matériel de plongeon. Je les préfère aux poggies puisque l'eau peut pénétrer des poggies et donc couler dans les manches. Mon torse est resté sec et confortable tout au long du voyage grâce au fait que je n’ai jamais tardé à mettre ma veste de pluie. Mais n'ayant jamais vraiment cru aux pantalons de pluie, j'avais seulement emmené des pantalons en polyester à séchage rapide pour mes jambes. Je crois maintenant aux pantalons de pluie. Mes pantalons "à séchage rapide" ont le potentiel de sécher très vite, mais comme mes bottes, ils n'ont jamais eu la chance vu la pluie constante. Jusqu’à la fin du voyage, tous les jours et sans arrêt, la pluie glacée a frappé mes jambes sans pitié.

Le vent s'est aggravé toute la journée jusqu’au point d’éventuellement devenir des coups de grand vent. Nous avions été avertis par un homme cris de Chisasibi que les vents proviennent principalement de l'Ouest-Nord-Ouest. On a donc longé la rive Nord afin d’alléger le travail. Mais les vents alizés pressaient, ayant accumulé de la vitesse dans la vaste étendue de la Baie James, et convergeaient vers La Grande par le rivage de la baie. Les vagues convoquées montaient maintenant par dessus la proue de notre canot. En plus, on a découvert que le courant meurt dans les eaux profondes se rapprochant du LG1. On a dû arrêter plusieurs fois pour se débarasser de l’eau chargé dans le canot par la pluie et les vagues. Par contre, je préfèrais pagayer dans ces conditions misérables plutôt que d’installer notre camp. Nous avons donc poussé jusqu'à 16 heures lorsqu’on s’est rendu compte que les vents ne nous permettaient plus d’avancer.

Là où la route prend fin – 3e partie 2/2 : La rivière

Camping: La forêt était si mouillée qu'on n'a quasiment pas pu faire un feu

On a installé notre camp le long du rivage dans la baie la plus à l'abri qu’on a pu trouver. En raison de l'obscurité produite par les nuages et le bruit de la pluie torrentielle, ce n’est que le lendemain qu’on a remarqué que nous étions installés à côté d'une petite cascade. A ce point dans le Grand Nord, la forêt est mince et les arbres sont petits. Il est donc difficile d’y trouver un abri. En fait, c’était très difficile de faire un feu avec le peu de branches trempés qui nous entouraient, un exploit qu’on a quand-même réussi jusqu’au dernier jour du voyage.

Ici, il est essentiel d’avoir une tente qui a des clips pour attacher les pôles et non pas des fourreaux. La partie supérieure peut donc être posée par-dessus. Cette nouvelle génération de conception de tente m’était indispensable parce qu'elle m'a permise d'emballer l'intérieur tout en étant à l’abri sous le double toit. La tente est restée sèche tout au long du voyage. C'était important parce que mon sac de couchage à -7 degrés est bien chaud jusqu'à ce qu'il soit humide. Ensuite, il est inutile. Heureusement, j'ai bien dormi tous les nuits.

Une des parties les plus mémorables de ce voyage était notre arrivée à LG1. On voyait la structure gigantesque longtemps avant de l’atteindre. Engloutis par l’ombre imposante du barrage d’un kilomètre de long, il était difficile de ne pas imaginer se faire aspirer par le tourbillon invisible d’une des turbines submergées. Nous l'avons approché jusqu'au point de se sentir inquiets. Les structures géantes des écluses etaient grandioses. On à débarqué sur la rive à côté d'une péninsule panoramique fait pour l’observation du barrage par les touristes. La péninsule était déserte. A travers nos explorations du barrage, nous avons découvert qu'il était étrangement abandonné. Il s'avère que, à tout moment, seulement une douzaine de personnes travaillent dans la structure qui fait un kilomètre de long et ils se trouvent tous quelque part dans la partie souterraine de la structure. Nous avons fait plus d'une heure de marche sur le barrage et ses environs sans voir une seule personne. Finalement, nous avons transporté notre équipement autour du barrage pour environ 1,5 km avant de continuer notre voyage. Il n'y avait pas vraiment de chemin à suivre, mais la forêt est si clairsemée et les arbres si petits, qu’on n’a pas eu de problème à traverser avec le canot. Il faut mentioner que le sous-bois est presque entièrement composé de lichen et de mousse, un tapis sur lequel il est facile de marcher mais qui crée un lit mouillé pour une tente quand il pleut.

Là où la route prend fin – 3e partie 2/2 : La rivière

LG1: cette structure menaçante à l'horizon

Derrière LG1, nous avons retrouvé un courrant et de faibles rapides, une assistance appréciée au combat contre les vents ralentissants. Supposant que nous serions à Chisasibi en un jour, j'ai fait en sorte de remplir toutes mes bouteilles avant qu’on atteigne les eaux salées du delta de La Grande. J’étais préoccupé par la marée. Serait-elle assez puissante pour me traîner loin dans la mer ?

Nous avons débarqué à la rampe de lancement communautaire sans que la marée nous cause de problème. Nous avons trouvé la maison de notre chauffeur sans difficulté (nous n'avions que demander au premier passant « Hé, où habite Joe ? » Nous avons trouvé notre voiture et on a commencé notre exploration de la ville.

Là où la route prend fin – 3e partie 2/2 : La rivière

"Salut, qu'est-ce que tu fais de bon? Oh pas grand chose de spécial"

Là où la route prend fin – 1ère partie: Introduction
Là où la route prend fin – 2e partie : La route
Là où la route prend fin – 3e partie 1/2 : La rivière


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